Avant 1869, le canton était fréquenté par quelques pêcheurs et chasseurs et habité par des Amérindiens algonquins.

Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, alors curé de Saint-Jérôme, Antoine Labelle constate l’exode de milliers de Canadiens français pour les États-Unis. Afin de contrer ce fait, il invite les gens à « monter » dans les cantons du Nord pour s’y installer sur des terres à défricher. Pendant plusieurs années, l’agriculture, les coupes de bois et la drave seront le gagne-pain de ces colons. C’est dans cet esprit qu’il fixera l’emplacement de la première église du canton d’Amherst en 1878.

C’est sous le règne de Victoria 1re, Reine du Royaume-Uni, que fut proclamée l’érection du canton d’Amherst, le 27 septembre 1883. Le nom du canton provient du patronyme du général Jeffrey Amherst, gratifié des faveurs royales de George III d’Angleterre pour ses victoires décisives en terre d’Amérique.

Cependant, bien avant que le canton soit officialisé, des squatters s’y sont établis. Conséquemment, ce fut une implantation désordonnée qui conduisit à une particularité de chez nous : une municipalité avec trois villages !

Village de Rockway Valley

Magasin général Stanley McDowell, détruit par le feu en 1957.

Magasin général Stanley McDowell, détruit par le feu en 1957.

Le sud-est du canton et ses voisins d’aujourd’hui, Huberdeau et Boileau, ont accueilli un des hameaux les plus nordiques de la colonisation anglophone remontant la Vallée de la Rouge. Les familles Neil et Sinclair s’y établirent en avril 1877. Originaires de Londonderry, en Irlande, ils étaient anglophones et protestants, comme plusieurs de ceux qui les suivirent.
 
Les églises de confessions variées, les écoles de rang, les commerces et les petites industries de cette époque ont généralement disparu ou ont été convertis. Le recul de la population anglophone et celui de l’agriculture après la Deuxième Guerre ont été compensés par l’arrivée de francophones travaillant principalement ailleurs dans la région.

Village de Saint-Rémi

Le 11 mars 1881, Monseigneur J. Thomas Duhamel, archevêque du diocèse d’Ottawa, refusa de changer le site déterminé par le curé Labelle pour l’église de la mission de Saint-Rémi. Demande antérieure des colons, cela permet de dire que ces squatters étaient sur place depuis au moins 1880 et même avant. Ces colons, à la suite de la récession de 1873, étaient en provenance des abords de la Grande Rivière (Outaouais) et de Montebello. Ces premiers colons portaient les noms de Thomas, Chalifoux, Racicot.

Les premiers prêtres qui donnèrent des missions (1881 à 1883) étaient des jésuites. Puis, à la demande de Mgr Duhamel, Rémi Prud’homme, curé de Saint-Thomas de Lefaivre, fut délégué pour s’occuper des gens d’ici. C’est en son honneur que fut ainsi nommée la paroisse. Un des fleurons patrimoniaux du secteur est sans contredit son église. C’est toute une histoire en soi ! Construite de bois équarri en 1882, elle fut brisée par de grands vents en 1885. Elle est relevée en juin 1886. Le 23 mai 1893, un grand coup de vent rabat l’église pour une deuxième fois ! Réparée une seconde fois, son érection canonique se concrétise le 8 septembre 1904 par Mgr Duhamel.

L’église actuelle, pour sa part, est construite en 1905-1906, selon les plans de l’architecte Casimir Saint-Jean. L’entrepreneur est Damase Boileau, le décorateur en est T.-X. Renaud et le tout se passe sous la surveillance du curé Omer Ferron. Cette église est construite de bois, possède une voûte d’arc en plein cintre et une nef à trois vaisseaux.

Le temple conserve une œuvre magnifique de George Delfosse : « Le baptême du roi Clovis par Saint Rémi », au-dessus du maître autel. T.-X. Renaud avait invité Delfosse, élève de Napoléon Bourassa, un de ses proches collaborateurs, à exécuter cette fresque.

Village de Vendée

Le 30 novembre 1897, le mandat est donné au curé Onésiphore Lemay de Saint-Rémi de desservir les colons de Vendée. Ce secteur fut, pendant plusieurs années, visité par les bûcherons dans les camps de coupe de bois, et aussi par des villégiateurs pour la pêche et la chasse.

Les premiers colons commencèrent à s’y intéresser vers 1885 pour 3 concessions en particulier. Dans le rang II : les lots 34 et 35; dans le rang I : les lots 32 à 36. La troisième concession, le lot 33 du rang II, sera acquise de son propriétaire en 1909 par Cyrille Garnier. Pour ce qui est des deux autres concessions des rangs I et II, aucun développement ne se fera avant 1895 et même plus tardivement. Ces premiers pionniers sont Garnier, Nantel et Côté. La mission Notre-Dame-des-Anges de Windigo naîtra en 1904 seulement. Ancêtre de l’actuelle paroisse, son église sera, avec sa grotte, une des plus grandes richesses patrimoniales du secteur. C’est une église de bois à arc déprimé et possédant une nef à un vaisseau.

L’histoire de la mine de Saint-Rémi d’Amherst

Un village frappé par une tragique histoire!

Ce village fut un village minier à compter de 1894, année lors de laquelle leminerai fut découvert sur les terres de monsieur Philibert Tassé.

Dans son numéro de mars 1948, la revue Relations publiait un article-choc qui apprenait à la population que des dizaines de travailleurs québécois étaient morts de silicose dans les mines d’un grand trust dans le petit village de Saint-Rémi-d’Amherst. C’est en silence et sans autre secours que celui de leur curé que beaucoup d’autres étaient si gravement atteints que leur mort ne faisait aucun doute.

Entre 1931 et 1948, l’extraction du kaolin produit la poussière de kaolin qui, lorsqu’elle est respirée à doses répétées, donne la silicose. Il s’agit d’une maladie qui tue les gens si elle n’est pas soignée à temps.

Il s’est donc vécu un drame terrible dans notre municipalité et il ne faudrait pas l’oublier. Parmi les nombreux drames vécus dans l’industrie minière au Québec, celui de Saint-Rémi est presque passé inaperçu!

Si vous désirez en savoir plus sur cette triste histoire, vous pouvez consulter les documents suivants à la bibliothèque de Saint-Rémi :

• Revue Relations – édition de mars 1948;
• Document de monsieur Claude Froment;
• Livre du centenaire de la Paroisse de Saint-Rémi.

Comité Patrimoine

Le comité du patrimoine d’Amherst est composé de membres du conseil et de citoyens qui ont pour mission de favoriser le développement d’un sentiment d’appartenance et de fierté dans notre municipalité par la conservation et la mise en valeur de l’histoire et du patrimoine matériel et immatériel d’Amherst.

Le comité réalise sa mission par des activités de recherche, de valorisation, de collaboration, de diffusion et d’éducation.

Le comité du patrimoine d’Amherst vise à :

  • Enrichir l’état des connaissances sur l’histoire de la municipalité, les familles, les institutions, etc. ;
  • Répertorier et valoriser les lieux de mémoire, y compris le patrimoine existant d’Amherst ;
  • Préserver et mettre en valeur les objectifs de la mémoire collective d’Amherst ;
  • Identifier les porteurs de tradition de la communauté et recueillir leurs témoignages ;
  • Dégager les incidences de la mise en valeur du patrimoine sur le développement culturel, social et économique. 
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