La santé de votre lac

Comment participer à la santé de votre lac?

Pour l’été 2009, votre municipalité a adhéré au service de Soutien technique des lacs de Bleu Laurentides du Conseil Régional de l’Environnement des Laurentides (CRE Laurentides), un organisme à but non lucratif dont le mandat est de contribuer à la mise en place d’un développement régional durable et de favoriser la protection de l’environnement. J’agis en tant qu’agent de liaison et je serai disposé à rencontrer les associations de lacs et les riverains durant l’été pour leur fournir toute l’information nécessaire à la mise en œuvre des bonnes pratiques environnementales en lien avec le milieu lacustre. De plus, j’invite les associations de lacs à adhérer au Réseau de surveillance volontaire des lacs (RSVL) du Ministère du développement durable, de l’environnement et des parcs (MDDEP) afin d’assurer le suivi de leur état de santé. La Trousse des lacs et d’ailleurs un outil développé par le CRE Laurentides et destiné à vous appuyer dans de telles démarches. Vous pouvez télécharger gratuitement la deuxième édition de la Trousse des lacs à l’adresse suivante : www.troussedeslacs.org

Dans cette lettre, vous retrouverez des recommandations et des informations sur différents sujets qui touchent à l’importance de protéger les lacs.

 

La bande riveraine

Selon la Politique québécoise de protection des rives, du littoral et des plaines inondables, la bande riveraine est une bande de végétation de 10 à 15 mètres (selon la pente et la hauteur du talus) qui marque la transition entre le milieu terrestre et le milieu aquatique. Elle est idéalement composée d’herbacées, d’arbustes et d’arbres indigènes. Plus spécifiquement à Amherst, en vertu du règlement municipal, il est obligatoire de revégétaliser les cinq premiers mètres de la rive avec les trois types de végétaux énumérés et il est interdit de tondre la pelouse dans toute la rive. Pour plus de précisions sur la réglementation et ses autres aspects, veuillez vous référer à la municipalité.

La végétation riveraine joue différents rôles; elle agit comme filtre contre la pollution et le ruissellement de nutriments au lac, constitue un habitat et un réservoir alimentaire pour la faune aquatique, sert de rempart naturel contre l’érosion et fournit de l’ombre, limitant ainsi le réchauffement excessif de l’eau en bordure du lac.

 

Le gazon dans la bande riveraine et les foyers d’érosion

Le gazon ne constitue pas un bon stabilisateur des rives; il ne protège pas de l'érosion et du ruissellement des matières fertilisantes vers le lac. Ainsi, il n’est pas un aménagement adéquat en bande riveraine.

De plus, les zones de sol à nu (sans gazon et sans végétation) peuvent aussi être des endroits sensibles à l’érosion. En effet, lorsqu’il y a ruissellement de l’eau sur le sol, certains éléments peuvent se retrouver dans le lac. Il importe donc de s’assurer de revégétaliser ces zones à l’aide de végétaux indigènes à la région.

Si votre rive est couverte, en totalité ou en partie, de gazon ou si elle possède un enrochement artificiel ou un muret, vous pouvez rétablir son aspect naturel. Voici les façons de procéder…

Laissez faire la nature. Arrêtez de tondre le gazon dans la bande riveraine du lac. Déjà après 1 ou 2 ans, vous verrez que des plantes et des arbustes bien adaptés au milieu riverain se seront implantés.

Plantez des végétaux adaptés au climat et au milieu riverain natifs de votre région (espèces indigènes). Il est possible de faire un aménagement qui sera fonctionnel pour protéger le lac tout en respectant les goûts de chacun.

Revégétaliser les murets de pierre ou de bois en plantant des vignes sur le talus en bordure de ces derniers. Les vignes recouvriront le muret ce qui le stabilisera tout en et l’empêchant de réchauffer l’eau du lac.

 

Les cyanobactéries

Les cyanobactéries sont des microorganismes aquatiques qui présentent à la fois des caractéristiques provenant des bactéries et des algues. Elles sont présentes de façon naturelle dans les lacs, et ce sans causer de problèmes particuliers. Toutefois, leur présence devient problématique lorsque certaines espèces se multiplient rapidement et forme une masse visible à l’œil nu (à la surface ou dans l’eau du lac) que l’on nomme fleur d’eau ou « bloom » de cyanobactéries. Certaines espèces de cyanobactéries emmagasinent dans leurs cellules des poisons naturels appelés cyanotoxines, qui seront libérés lors de la rupture ou la mort des cellules. Le contact ou l’ingestion d’une eau contaminée ayant une concentration élevée de cyanotoxines peut occasionner des problèmes de santé.

Bouillir l’eau ne réduit pas le danger, au contraire, cela a pour effet d’accentuer la libération des toxines.

 

Les plantes aquatiques

Les plantes aquatiques sont des plantes visibles à l’œil nu ayant la capacité de vivre dans l’eau ou aux abords des plans d’eau. On retrouve quatre catégories de plantes aquatiques :

  • émergentes : sont enracinées aux sédiments et certaines de leurs parties poussent à l’extérieur de l’eau (ex. la quenouille)
  • à feuilles flottantes : sont enracinées aux sédiments mais leurs feuilles et leurs fleurs flottent à la surface de l’eau (ex. le nénuphar)
  • submergées : sont enracinées aux sédiments et croissent entièrement sous la surface de l’eau (ex. le myriophylle à épi)
  • flottantes : ne sont pas enracinées aux sédiments, circulent librement dans l’eau et ont des feuilles qui flottent à la surface (ex. la lentille d’eau)
  • Figure : Les quatre catégories de plantes aquatiques

(Source : Trousse des lacs, CRE Laurentides, 2009)

Les plantes aquatiques sont présentes naturellement dans les lacs et il est possible et normal que leur taux de croissance fluctue au fil des saisons et des années. Toutefois, lorsque les plantes aquatiques prolifèrent de façon excessive, elles peuvent nuire aux activités récréatives du lac et diminuer la qualité esthétique du milieu. Une croissance excessive ou une diminution de la diversité des espèces peut être un signe de la dégradation de l’état de santé du lac et d’un apport excessif en nutriment.

 

 

Comment limiter la croissance excessive des plantes aquatiques et la prolifération des cyanobactéries au lac?

Il faut limiter les apports de nutriments au lac, principalement de phosphore et d’azote. Pour ce faire, il faut s’attaquer aux différentes sources. En voici quelques unes:

  • Déboisement et artificialisation des rives
  • Engrais et fertilisants
  • Rejets d’eaux usées, fosses septiques déficientes et détergents riches en phosphates

Conservez une zone de végétation autour des plans d’eau!

 

Les engrais

Qu’ils soient d'origine biologique ou non ne change rien… ce qui est bon pour la pelouse l’est aussi pour les plantes aquatiques et les cyanobactéries. Éviter d’utiliser des engrais et fertilisants chimiques sur le territoire du bassin versant et biologiques (compost) dans la bande riveraine.

 

Les feux

Les feux amènent aussi leur part de nutriments au lac. Il faut donc les éloigner le plus possible de la bande riveraine.

 

Les baignades savonneuses

Qu’ils soient biodégradables ou non, les savons possèdent des matières qui peuvent être sources de nutriments pour la vie dans les lacs. Utiliser des savons et produits domestiques sans phosphate.

 

Les installations septiques

Il est primordial de s’assurer de la conformité de son installation septique et de la faire vidanger régulièrement. Pour plus d’informations, contactez votre municipalité.